L'effet Barnum chez les zèbres

L’effet Barnum

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L’effet Barnum est une expression couramment utilisée en psychologie pour désigner l’effet d’auto-persuasion. On parle également d’effet Forer ou de validation subjective.

Ce terme désigne un biais cognitif plutôt négatif, souvent utilisé par les manipulateurs et les charlatans, utilisant volontairement des phrases floues, dans lesquelles tout le monde peut se reconnaitre. Je vous explique pourquoi il faut particulièrement se méfier de cet effet de persuasion de l’esprit lorsqu’on est à la recherche de réponses sur soi-même.

Qu’est-ce que l'effet Barnum ?

L’Effet Barnum est un principe psychologique basé sur l’auto-persuasion, la capacité naturelle de chacun à se reconnaître dans des propos très généralistes, volontairement flous. Ce concept est notamment utilisé dans le domaine de l’astrologie, les horoscopes, mais également par des personnes mal-intentionnées. 

En psychologie, on utilise également la notion d’effet barnum pour désigner les personnes qui se reconnaissent dans une série de symptômes (physiques ou psychologiques) sans avoir recours au diagnostic d’un professionnel, ou au minimum sans exercer un esprit critique et observateur. On parle également d’effet de validation personnelle. 

L'origine de l'effet Barnum

Le terme d’effet Barnum vient du nom d’un homme de cirque, Phineas Taylor Barnum, qui utilisait ses talents de manipulation.

Mais plus précisément, le concept a été étudié par le psychologue Bertram Forer. Ce psychologue a soumis ses étudiants à un test de personnalité. Il le remet ensuite une analyse soi-disant personnalisée, en réalité la même à chacun (ce que les étudiants ignoraient), une description écrite à partir de termes utilisés dans les horoscopes.

Vous avez besoin d’être aimé et admiré, et pourtant vous êtes critique avec vous-même. Vous avez certes des points faibles dans votre personnalité, mais vous savez généralement les compenser. Vous avez un potentiel considérable que vous n’avez pas tourné à votre avantage. A l’extérieur, vous êtes discipliné et vous savez vous contrôler, mais à l’intérieur, vous tendez à être préoccupé et pas très sur de vous-même. Parfois, vous vous demandez sérieusement si vous avez pris la bonne décision ou accompli ce qu’il fallait. Vous préférez une certaine dose de changement et de variété, et devenez insatisfait si l’on vous entoure de restrictions et de limitations. Vous vous flattez d’être un esprit indépendant et vous n’acceptez l’opinion d’autrui que dûment démontrée. Vous pensez qu’il est maladroit de se révéler trop facilement aux autres. Par moments, vous êtes très extraverti, bavard et sociable, tandis que, à d’autres moments, vous êtes introverti, circonspect, et réservé. Certaines de vos aspirations tendent à être assez irréalistes.  

Chaque étudiant a indiqué ensuite la pertinence de la description de leur personnalité. Sur une échelle de 0 (médiocre) à 5 (excellent), les étudiants se sont reconnus en moyenne à 4,26 dans la description.

L’explication de cette expérience s’explique par la tendance naturelle à considérer des explications sur la personnalité, qu’elles soient positives ou négatives, comme s’appliquant à soi.

Pourquoi les zèbres doivent se méfier de l'effet Barnum ?

Il est important de comprendre la logique de l’effet Barnum, et surtout ce qu’il en résulte de négatif. Pour soi même. Pour les autres également.

Pour soi même, car nous sommes aujourd’hui confrontés à un besoin croissant de compréhensions et de recherches de nous-même. C’est normal, et c’est même très positif. Effet de mode ou vulgarisation d’un concept psychologique, les notions de haut potentiel et d’ultra-sensibilité sont plus accessibles aujourd’hui grâce aux nombreux livres et aux (très) nombreux articles sur le sujet. Et c’est là que l’effet Barnum prend sa place.

Depuis plusieurs années, s’est développé grâce aux multiples articles d’auto-tests, de pseudos-tests de QI, une attitude et une volonté d’auto-diagnostic, d’auto-persuasion. Quelques cases cochées et vous voilà avec un résultat, un descriptif de votre personnalité. 

Pour un zèbre, ce n’est pas illogique de se découvrir par soi-même, étant donné la puissance de son intuition. Combien de zèbres ont senti cette différence en eux, cette hypersensibilité, cette vitesse de raisonnement plus importantes que leurs interlocuteurs ? Combien ont senti cette bouffée d’air pur en lisant le témoignage d’un autre zèbre, se retrouvant totalement des les mots de l’autre ?

Hors être zèbre n’est pas un objectif, ce n’est pas une médaille à décrocher, un titre, une supériorité. Pourtant aujourd’hui, beaucoup ressentent ce besoin d’entrer, ou de faire entre son enfant, dans cette case qu’est le haut potentiel. Une case, une étiquette, qui peut sembler très valorisante. Une case qui peut également rassurer, expliquer. Mais une case qui n’est qu’une parmi tant d’autres. Et voici où réside l’écueil de l’auto-diagnostic. Vous risquez de vous collez vous-même des étiquettes qui ne vous correspondent pas et vous feront du mal. Et en cela, il est important de rester prudent mais surtout critique. Êtes vous bipolaire ? cyclothymique ? Asperger ? Seul un professionnel pourra vous le dire ! 

Note : seul un professionnel compétant peut vous confirmer votre haut potentiel ou votre hypersensibilité. Il sera également apte à vous donner des clés de compréhension adaptées à votre profil, qui, vous le verrez est unique en réalité, vous êtes unique parmi les zèbres !

Pour les autres aussi. Car en parallèle de la vulgarisation des notions de haut potentiel et d’hypersensibilité, s’est développé un marché de l’accompagnement et du coaching de la douance. Vous trouverez sur le net et sur les réseaux sociaux pléthores de forums, de groupes d’échanges… Si l’intention est louable d’aider, à fortiori gratuitement, des personnes qui sont très souvent dans un mal-être, dans un doute, un questionnement profond… il en résulte une mise en abîme terrible pour beaucoup d’entre elles. Des personnes qui se retrouvent diagnostiquées parfois de force, contre leur gré, par un inconnu derrière un écran, qui lui livrera, sous bonne intention, une explication empirique. Les dommages ne sont pas toujours forts, encore moins irrémédiables. Mais les conséquences sont néanmoins réelles, entre dépression, burn out, remise en cause profonde…

L'effet Barnum sur nos enfants

Pour aller plus loin dans ce concept, j’explique souvent aux parents de prendre conscience de l’effet Barnum chez leur propre enfant.

Les neurosciences ont mis en évidence l’effet des neurones miroirs chez l’être humain, et notamment chez l’enfant. Un enfant se base sur ses adultes référents pour comprendre son monde extérieur comme son monde intérieur.

Ainsi, il est fréquent de voir un enfant ressentir des symptômes comme son parent, se plaindre de douleurs au ventre par exemple. Mais également des signes émotionnelles, comme une peur soudaine d’un chien, ou encore, à l’heure actuelle de la pandémie, une colère expliquée, un rejet du masque…

Il est important pour les parents de garder cette ouverture d’esprit afin de guider son enfant à exprimer ses propres émotions, ses propres symptômes, sans tomber dans l’imitation et l’appropriation de ceux de ses parents.

Comment éviter l'effet Barnum ?

L’ouverture d’esprit et l’esprit critique sont les pendants d’un esprit sain.

Afin d’éviter de tomber dans l’effet Barnum, je vous conseille de toujours garder en tête qu’il y a peut-être un autre biais, une autre possibilité. Il y a toujours de nouvelles choses à découvrir, à approfondir, des arguments à confronter, des avis à mettre en parallèle ou en opposition. 

Ainsi donc, vous pourrez constamment remettre en doute vos propres conclusions, sans pour autant perdre confiance en vous, ni en votre belle intuition si guidante. Mais vous saurez trouver ce juste milieu sain entre certitude et orgueil.

Usez de votre aptitude de zèbre à toujours chercher le comment du pourquoi, à approfondir et comprendre les choses qui vous échappe. A l’heure de la fast-info et des fakes news à toutes les sauces, il est important, même indispensable, de conserver votre clairvoyance et votre esprit critique en chaque chose.

Socrate disait :

« Le premier savoir est le savoir de mon ignorance : c’est le début de l’intelligence  »  

« Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien »

Zen & Zèbre

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