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L’hyperacousie

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Par définition, l’hyperacousie signifie une hypersensibilité de l’ouïe (acousie). Des sons et bruits jugés tolérables par tout le monde sont perçus comme forts, excessifs, exacerbés, intenses, intolérables par une personne atteint d’hyper-acousie. En médecine, cela désigne un trouble de l’audition, une souffrance. 

Vous ne supportez plus les repas de famille avec grande tablée, ni les apéros entre amis à plus de 4 personnes ? L’idée d’un concert ne vous intéresse plus ? Ni un cinéma avec votre conjoint·e ? Connaissez-vous l’hyperacousie ?

Cet article développe cette notion à travers le filtre de l’hypersensibilité d’un zèbre et vous propose des petites astuces et conseils à mettre en place pour retrouver du bien-être dans sa vie quotidienne.

Qu’est-ce que l'hyperacousie ?

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L’hyperacousie est un terme qui définit la très haute sensibilité de l’un de nos 5 sens, l’audition, l’ouïe. Cela se traduit par une perception augmentée des sons, à la fois dans l’intensité (le volume sonore) que dans la palette des sons (la quantité).

Hors, l’audition regroupe plusieurs choses : 

  • d’abord ce que l’on entend : des conversations, des sons environnants, mais aussi l’ensemble des stimulis sonores (un bruitage au loin, un oiseau qui chante, un ronronnement d’un appareil…)
  • puis ce que le cerveau perçoit : l’oreille a pour fonction d’entendre, mais le cerveau utilise plusieurs zones, plusieurs aires, à chaque stimuli sonore.
  • A cela s’ajoute la notion de psychologie, où l’on associe aux sons que nous percevons des émotions, certaines positives, agréables, d’autres négatives, désagréables.

Chaque humain entend donc des sons, son cerveau les gère, il ressent alors une émotion. Ce mécanisme se fait naturellement, automatiquement, sans conscience, et surtout normalement sans conséquence.

Chez une personne hypersensible, ce mécanisme est tellement intense qu’il en devient perceptible, sensible, conscient.

L’hyperacousie est l’exacerbation de ce mécanisme. Les personnes atteintes d’hyperacousie présentent une augmentation anormale de l’activité induite par le son dans leur système auditif. Les sons non-intrusifs (comme les sons qui ne sont pas très forts) deviennent inconfortables et gênants (Jastreboff, 2004).

Qu’est-ce que la misophonie ?

La misophonie est une aversion aux sons : certains sons produits par une tierce personne ou l’environnement. De simples bruits les plus communs peuvent être insupportables : bruit de l’aspirateur ou du vent, claquement entre deux objets, mastication, tapotage des touches de clavier, … La misophonie est souvent accompagnée d’une grande détresse émotionelle.

La phonophobie quant à elle, est une peur persistante et injustifiée du son et des bruits du quotidien, résultant souvent d’un traumatisme sonore..

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Un lien avec les émotions

Les stimulis sonores comme tous les stimulis sensoriels imprègnent en nous de manière inconsciente des marques. Un bel et heureux évènement laissera en nous de doux souvenirs agréables, quant un moment triste ou désagréable s’imprimera avec dégoût en nous.

Autrement dit, tels des Madeleines de Proust, des sons vont d’abord se lier à des événements marquants de nos vies, via les émotions, puis réactiver ces émotions par une simple et courte stimulation inconsciente. 

Voilà comment un son anodin pour beaucoup activera chez une personne ultra-sensible une sensation désagréable, anxieuse..

Et malheureusement, parfois, notre mental nous joue quelques tours en nous apportant quelques contradictions dans nos raisonnements. On peut par exemple avoir peur de l’eau (nage) mais adorer observer et écouter les vagues de l’océan..

Voici un exemple :

Une femme souffre d’une hyperacousie développée. Elle ne supporte pas le bruit, ne supporte pas certains sons très précis. 

Comme beaucoup de personnes hypersensibles, elle aime beaucoup la nature qui l’apaise. Elle aime les sons (comme les odeurs) issus des animaux ou des plantes.

Au contraire, elle supporte peu les bruits de la ville, les sons mécaniques des voitures, des moteurs… Chaque bruit l’agresse, l’inquiète.

Elle adore entendre les bruits à peine perceptible des oiseaux et capte chaque espèce autour de chez elle. Pourtant elle ne supporte pas entendre un bruit de tondeuse, qu’elle associe à une destruction inutile d’un environnement naturel.

Paradoxalement, elle vit à côté d’une voie ferrée et le passage des trains d’une intensité haute en décibels ne la dérangent pas.

Quand l’hyperacousie devient douloureuse

Pour résumer, l’hyper-acousie (ouïe) est une perception des sons plus intenses chez les personnes hypersensibles. Pour beaucoup, ce phénomène sera normal, supportable, sans conséquence.

Mais pour certaines personnes hautement sensibles, cette conscience des sons qu’ils entendent et les émotions nombreuses et fortes qui en découlent dépassent un seuil de confort voire de douleur. Elles ressentent la stimulation sans interruption de leur mental, toujours à vif, sans repos. L’exagération des sons devient inconfortable, dangereuse, intolérable.

Concrètement, cela donne cette sensation de cerveau qui va exploser, qui gonfle sous le crâne en plusieurs endroits, qui cogne. La personne peut ressentir une fatigue (symptôme passe-partout inaperçu la plupart du temps, augmentant petit à petit au fil du temps..), des maux de têtes, céphalées ou migraines. Cela peut également s’accompagner d’acouphènes ou les augmenter (surtout lors d’événements sonores intenses comme un repas de famille ou un concert)

L’hyperacousie peut venir également altérer la vie quotidienne : affectation de la vie sociale, repli sur soi, irritabilité, surprotection auditive, arrêt professionnel, … Autant de signaux d’alertes qui peuvent pousser à une consultation.

Hypersensibilité auditive et Hyperacousie, conseils et astuces pour mieux vivre et bien-être pour être zen quand on est zèbre

L’hyperacousie, nous l’avons vu, est associée dans le domaine médical à une souffrance.  En effet, chez certaines personnes, l’hyperacousie peut atteindre un tel niveau que cela en devient douloureux. Elle nécessite alors une prise en charge, médicalisée, via d’abord un diagnostic, un dépistage, puis un accompagnement pour réduire l’oppression liée à cette sensibilité accrue.

Dès les premiers symptômes, il convient de consulter un ORL qui réalisera un test auditif pour déterminer s’il y a une hyperacousie avérée et pour en déceler les causes. Le diagnostic établit permettra également d’apporter les solutions adéquates au patient.

Une prise en charge médicale de l’hyperacousie 

Il est nécessaire de se faire accompagner et diagnostiquer par un spécialiste lorsque la souffrance physique et/ou psychologique est trop intense. Il existe des traitements amenant à une re-stimulation progressive et controlée jusqu’à un retour à la normale du seuil de confort, mais également des thérapies et accompagnement psychologiques.

L’hyperacousie chez les enfants

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Petit aparté pour les parents ou adultes accompagnant de petits zèbres, il est important de garder à l’esprit que les enfants aussi sont sensibles aux bruits. Néanmoins, on ne parlera réellement d’hyperacousie qu’après consultation chez un spécialiste.

En effet, lhypersensibilité auditive peut se manifester à tout âge et perturber tous les aspects de la vie familiale, scolaire, sociale… On observe ainsi que certains bébés sont très réactifs aux stimulis sonores, comme un jouet bruyant qui va l’inciter à l’énervement, comme les pleurs d’un enfant qui vont le perturber.. Pour les enfants plus grands, l’école peut devenir insupportable. Il peut être difficile pour ces enfants de se concentrer pendant les périodes d’apprentissage et de participer aux conversations lors des travaux de groupe. Et comme malheureusement nous n’y prêtons pas suffisamment attention, les enfants hypersensibles subissent une sur-stimulation auditive (notamment), entraînent des difficultés de concentration, des problèmes émotifs et/ou de comportements.

Casque anti-bruit pour enfant hypersensible de l'ouïe
Casque anti-bruit pour enfant

Voici quelques pistes pour accompagner un enfant dans son hypersensibilité auditive :

  • Normaliser les sons et expliquer à l’enfant qu’ils ne sont pas douloureux pour les oreilles
  • Montrer à l’enfant d’où provient le son
  • Lorsque possible, expliquer à l’enfant pourquoi le son est fort (ex.: détecteur de fumée)
  • Faire participer l’enfant pour lui montrer qu’il peut avoir le contrôle sur le son (ex.: passer ses mains sous le sèche-mains et les retirer)

N’hésitez pas à consulter un audiologiste pour en savoir plus.

Quelques conseils pour mieux vivre son hypersensibilité de l’ouïe

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Nous rappelons que ce site n’a pas pour vocation à soigner et ne remplace en aucun cas une consultation et un suivi par un médecin spécialisé. Néanmoins, voici quelques pistes qui pourraient vous aider à mieux vivre votre hypersensibilité auditive.

  • Se réaccoutumer au bruit

Paradoxalement, au lieu de vous couper du bruit, il va falloir vous réaccoutumer à lui. 

En effet, le piège tentateur est de naturellement se protéger des sons, de vivre dans une bulle de silence apaisante (solution temporaire). Hors, cela va au contraire renforcer la sensibilité et donc l’irritation du cerveau aux sons. 

La solution : créer du bruit de fond 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Le son ne doit pas nécessairement être fort, mais simplement audible et confortable. Idéalement, des sons sans parole, comme des sons de la nature ou de la musique relaxante. ou des bruits blancs.

  • Éloigner les sources de bruits négatives :

S’il est déconseillé de se couper entièrement du bruit afin d’éviter un effet inverse de sur-sensibilisation, il est soulageant de se permettre de vivre dans un environnement apaisé et zen.

Étudiez quelles sont les sources de bruits dans votre vie au quotidien. Certaines sont d’origine extérieure, le trafic routier, les voisins, les gens dans le bus, le tram ou le métro.. D’autres sont directement issues de votre propre vie : un appareil ménager, la télé, votre conjoint.e

Il ne sera pas toujours possible d’éliminer les sources de sons. Mais certaines pourront être supprimées, raréfiées ou juste diminuées, ce qui présentera tout de même une amélioration de confort.

Par exemple vous pourrez éteindre la télévision, baisser le son de vos voix, déplacer le frigo trop bruyant dans un cellier, déménager..

  • Porter des boules Quies ou un casque anti-bruit

Dans les contextes de bruits impossibles à éviter ou diminuer, voici la meilleure solution pour vous préserver sans subir. Les boules Quies ont l’avantage d’être discrètes. Le casque antibruit vous isolera quasiment totalement de l’environnement sonore, mais il peut au bout d’un moment vous faire des douleurs au crâne.

Casque anti-bruit pour adulte hypersensible auditif
Casque anti-bruit

Attention, cette solution n’est à utiliser que dans les situations difficiles, que temporairement donc. En effet, une surprotection peut amener le cerveau à rechercher davantage les sons désagréables, ce qui peut rendre la personne plus stressée lorsqu’elle enlève la protection auditive.

  • Communiquer sur ses limites

Les sources de bruits qui nous dérangent proviennent pour une grande partie de l’environnement et pour une autre grande partie de notre entourage. Les enfants qui rient ou chahutent, votre conjoint qui met la télé plus fort, votre maman qui fait des bruit de bouches désagréables… Il faut savoir qu’il est difficile de se rendre compte du bruit que l’on génère. 

Même si l’on parle ici de symptômes de souffrance, il est important d’apprendre à poser ses limites de capacité à endurer l’effort. Vous pouvez expliquer à votre entourage de faire ce que vous ressentez, et leur demander des efforts également pour adapter le niveau sonore à ce que vous êtes capable de supporter. 

Exprimez à votre entourage qu’ils parlent trop fort, que la télé est trop forte, qu’ils crient à côté de vous… Communiquez sur votre besoin de calme, d’une pause silencieuse..

  • S’autoriser des pauses silencieuses 

Après un événement trop bruyant pour vous, possiblement générateur d’acouphènes, permettez-vous de vous isoler dans un environnement silencieux afin d’apaiser votre mental et vos oreilles. 

Calme, Sérénité, et Patience font la force de mon être., Citation Zen et Zèbre

  • Prendre du temps pour soi

Voici peut-être la solution clé pour venir à bout de l’hyperacousie, et pourtant il s’agit certainement de la plus difficile à mettre en place. En effet, l’hyperacousie est souvent liée à une fatigue intense et un état anxieux

Vous êtes probablement dans un état émotionnel et physique épuisé. Vous avez besoin de prendre du temps pour vous, vous devez prendre du temps pour vous.

Autant que possible, permettez-vous du repos. Une sieste, un temps calme, un temps de sommeil allongé… 

La pratique de la pleine conscience est également très efficace pour reconnecter votre cerveau à son environnement. Volontairement, écoutez les sons qui sont autour de vous, ceux dont vous n’êtes pas à l’origine. Prenez conscience des bruits comme ils sont, pour ce qu’ils sont simplement, sans émotions, sans jugement. 

La relaxation, basée sur la respiration, vous aidera également à apaiser votre mental. Intégré à une gestion du stress, vous pourrez ainsi faire baisser votre anxiété.

  • Dissocier les émotions des bruits

Nous l’avons vu plus haut, derrière un rejet d’un son se cache très souvent un souvenir difficile. Si vous vous en sentez capable, sinon avec l’accompagnement d’un professionnel en psychologie, prenez le temps de comprendre pourquoi tel ou tel son vous énerve, vous fait réagir, vous plonge dans un mal-être.

Cette analyse, qui peut être longue et difficile, vous permettra de séparer le stimuli du souvenir qu’il fait resurgir. En gérant le souvenir, les émotions, vous aller libérer le stimuli du lien négatif qu’il avait avec vous.

  • Consulter un spécialiste

Comme dit précédemment, il est important de consulter lorsque vous vous sentez en souffrance physique et/ou psychologique. 

Ouvrages à lire

Voici une sélection de livres à découvrir sur le sujet:

Acouphènes, hyperacousir, maladie de Menière, Neurimone de l’acoustique, aux Editions Josette Lyon (2017)

Zen & Zèbre

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